Formations

Bonjour à tous,

Cela fait bien longtemps que nous n’avons pas publié quelques mots sur le site mais en attendant les mise-à-jour je vous propose le programme des formations 2018 du GABION à Embrun.

Nous aurons le plaisir d’y intervenir tant en charpente « classique » ( du 17 au 21 septembre) qu’en charpente à l’ancienne ( du 19 au 23 novembre).

Si vous êtes curieux c’est le moment de venir découvrir ou parfaire vos connaissances en la matière… Les coûts de formation sont réduits et il y a possibilité d’obtenir des financements….

Contenu des formations :

Stage charpente Classique :

  • Connaissances générales sur le bois

  • Rappels de géométrie de chantier

  • Notions d’efforts / contraintes

  • Notions de conception – assemblages

  • Trait

  • Taille

  • Levage

Stage Charpente à l’ancienne :

  • Connaissances générales sur le bois

  • Rappels de géométrie de chantier

  • Notions d’efforts / contraintes

  • Notions de conception – assemblages

  • Trait / épure

  • Méthode d’équarrissage

  • Principe de lignage et mise sur ligne

  • Piquage

  • Taille

  • Levage

Demandez-nous des renseignements par mail ou dirigez-vous directement vers le GABION:

Contact: Laurent Limousin / 06 52 88 70 37 / laurent@legabion.org

PROGRAMME 2018 boscodon acoustique 2

Chapelle à Mont Dauphin / FORT VAUBAN / Hautes-Alpes

Une chapelle par les temps qui courent ?

Tout a commencé par un mail nous demandant:

« Bonjour,

Je viens de visiter votre site … Sauriez-vous faire un toit à quatre pans ? »

La réponse est oui. Nous recontactons ce monsieur et nous prenons rendez-vous à Mont-Dauphin.

Le contact passe très bien, nous lui présentons les savoir-faire de l’entreprise et nous nous lançons peu de temps après dans l’aventure.

Tailler une charpente de chapelle, à l’ancienne, avec de fortes pentes et deux croupes complètement biaises… Rien de plus plaisant !

A la recherche des bonnes proportions nous commençons par la miniature et l’épure sur papier.

epure papier mont dauphin

Le résultat parait satisfaisant. Nous évaluons donc notre débit et nous nous lançons dans la sélection et l’équarrissage des grumes.

Ce jour là nous n’irons pas en forêt, nous prendrons directement les bois fraîchement débardés au parc à bois de l’Office National des Forêts… Une sorte de super marché du tronc !

L’équarrissage commence donc à Eygliers, au pied de Mont-Dauphin, directement dans le parc à bois.

equarrissage mont dauphin grosses entailles

On commence par les entailles pour dégrossir le bois et on fini par les finitions. Voilà le résultat.

face claire mont duaphin

et sur un bois plus rouge

mélèze rouge mont dauph

Avec un bon coup de hache on obtient une surface vraiment très lisse !! Un vrai billard !

billard

Pendant que Benoît joue aux billes Pierre-Alexandre équarrit un poisson !

PA poinçon

Le travail est physique. Nous prenons quelques pauses pour se dé-serrer les doigts et respirer un peu.

On cherches les outils perdus dans le tas de copeaux. Macro-copeaux !

macro copeaux

On suit la trace

scolytes mélèze

Après quelques heures de travail voilà la première partie du débit. Ça commence bien !

débit mont dauph

Maintenant que nous avons les bois, nous pouvons recommencer à tracer l’épure, à l’échelle 1.

Un beau bazar pour les badauds mais un vrai plaisir pour les charpentiers !

P1000610_copy

Pas évident de s’y retrouver entre les taches de peintures, on y voit quand même mieux sur le bois

Les dessus, les dessous, à la face, à l’axe, les chambrées, les délards !! C’est du caviar !

epure bois

L’épure terminée nous lançons le lignage, le jaugeage et contre-jaugeage, et le piquage… Une phase passionnante mais vraiment éprouvante.

mise sur ligne

Grâce au plomb à piquer, ou plomb de charpentier, nous calons les bois au dessus de l’épure et nous traçons les différentes intersections des bois avec des piqûres pour tracer ensuite nos assemblages.

piquage mont dauph

Ici l’œil fait autant que le reste. Il y a bien sûr une méthode à suivre mais tout le monde pique différemment. Il s’agit juste d’avoir le même piqueur sur les pièces à assembler !!

Le piquage terminé nous passons au coupes. Même en ayant piqué tous les bois, et en fait surtout en ayant piqué tous les bois, nous aimons bien mettre un peu de couleur pour mieux repérer les plans de coupe. La charpente est ici biaise, nous avons tracé le maximum de pièces singulières mais nous avons également piqué en miroir pour économiser quelques dessins ! C’est vraiment très très cérébral !

enguelement en couleur

Et coupe

coupe en couleur

Taille des jambes à la plane

jambes plane

La taille fini nous commençons la mise à blanc à l’atelier… histoire de vérifier que nous n’avons fait aucune erreur!

premiere ferme mont dauph

Et ainsi de suite. tout sera mis à blanc dans la journée !! C’est le plus beau moment, là où nous découvrons après plusieurs semaines de rigueur dans l’équarrissage, le trait, le piquage et la taille tous les assemblages collent bien et que les proportions nous plaisent assez !!

mise a blanc total

Finalement tout s’est bien passé !! On craignait un peu le miroir rotatif du piquage qui tue mais tout passe !! C’est génial !

Nous pouvons donc charger les pièces sur le camion et partons sur Mont-Dauphin.

Nous sommes dimanche, le jour du seigneur, on aurait bien fait une journée de repos mais les amis sont là et veulent voir la charpente se monter ! Un peu d’organisation le matin et un bon repas le midi et nous passons une belle journée à lever et assembler la charpente. Merci encore les amis !!

premiere ferme levée

Levage de la première ferme et demie ferme biaise. Tout tient tout seul !! C’est beau.

Il suffit maintenant de suivre les marques pour le montage. Un vrai légo !

marque poincon

Un arêtier

aretier I

On continue ! L’avant dernier arêtier monte. Et hop !

aretier II

Maintenant le dernier

dernier aretier

I tutti cuanti

levage mont dauph

On finit de caler les pièces, on met toutes les chevilles et voilà !!

levage encore

Un vrai régal !

charpente ss volige int

On commence à faire le tour de la charpente !

dessous mt dauph I

Et on ne s’arrête plus !!

dessous mont dauph II

De plus loin

vue mt dauph ss volige

Et on y revient

encore en dessous

Nom de D…. un sacré beau dimanche !!

amis mont dauph

Merci les amis !! Un sacré souvenir avec vous tous. J’espère que vous avez bien aimé le spectacle. On remet ça au printemps ?

levage rouge

Et voilà ! La phase la plus grisante est achevée. Le levage s’est très très bien passé. Maintenant il reste ben … tout le reste …

On volige

volige

et on couvre

cuivre mont dauph

On met maintenant des petites cachettes, trappes dans les recoins !

cachette

Et on profite maintenant des lumières … L’hiver arrive, les jours raccourcissent, le froid s’installe … Ça fait du bien un peu de chaud !

chapelle éclairée

Et maintenant on peut s’amuser sur les photos:

Des marques

marques nuit

et encore des marques

marques nuit II

Décollage de la chapelle

decollage de la chapelle

Panoramique intérieur

pano interieur

Lumieres

lum I

encore

lum II

encore

lum III

et encore

Une bien belle aventure dans le fort de Mont Dauphin.

chapelle hiver

Une chapelle cachée … par les murets et ses charpentiers. Venez vous promener dans Mont Dauphin et écoutez les bruits discrets qui vous mèneront, peut être, à cette Chapelle cachée !

Merci Yann pour votre confiance. Merci pour cette incroyable aventure. A très bientôt dans le Fort.

Benoît et Pierre Alexandre, charpentiers !

signature

Avec le commentaire de Yann:

Artisan charpentier de talent. Benoit D. a su dès le début s’approprier le projet -le défis- que je lui proposais : Réaliser une charpente à l’ancienne en mélèze et sa toiture à quatre pentes (100%) sur une chapelle au cœur de la Place Forte de Mont Dauphin, avec des contraintes esthétiques, des dimensions irrégulières, et une difficulté d accès sur le chantier. Il a su conduire ce projet avec un réel professionnalisme et une disponibilité de chaque instant. Le résultat est extraordinaire ! On penserait voir une charpente construite à l époque de Vauban ! Un vrai petit chef d oeuvre devant lequel, les yeux, levés vers le ciel, ne se lassent pas de contempler l’ Art de la charpenterie. Il y a presque quelque chose de divin dans son ouvrage !

Les +:  Sa disponibilité, son souci du détail, son goût pour le travail à l’ancienne, ses conseils précieux !

Evènements d’ici ou de Navarre

Bonjour à tous.
Nous essayons de lister ici les différents événements à venir.
Tous concernent de prêt ou de loin la charpente à l’ancienne.
Bonne lecture et peut être à bientôt.

 

Rencontre de charpentier les 29 30 et 31 aout 2014 dans la creuse.

 

Woodscicraft2014

Retrouvez nous le lundi après midi pour une démonstration d’équarrissage et une exposition photo…

A bientôt

Levage d’une charpente entièrement taillée à la main vers le 12/09/2014.

Appelez nous si vous désirez assister au spectacle !

 

Les outils

Bonjour,
Cette page est dédiée aux outils que nous trouvons beaux et/ou que nous utilisons. Certains seront exposés comme objet de contemplation, d’autre font partie de notre caisse à outils quotidienne. Si vous désirez en savoir plus ou si vous voulez partager avec nous votre goût pour les beaux outils – contactez nous. C’est toujours un plaisir pour nous.
haches sloaneC’est une gravure d’Eric Sloane. Si vous êtes novice en la matière elle vous permettra de comprendre aisément le fonctionnement d’une hache d’équarrissage, son type de tranchant et le déport du manche.
caisse à outils médiévaleCi-dessus une amusante gravure sur les outils liés aux métiers du bois. C’est la caisse à outil de base du bâtisseur charpentier. Notez également les rappels de nomenclature et de géométrie.
20140522_103058La plane et la gouge. Deux outils essentiels dans la réalisations de courbes. Intuitives et efficaces elles font partie de notre première caisse.
Rabot cygnePour le plaisir des yeux, un magnifique rabot sculpté en forme de cygne. Si vous voulez vous en séparer appelez nous !
Nous exposerons peut être tous nos outils sur cette page mais pour vous faire patienter découvrez quelques images de l’emmanchement d’une hache.
20140313_165832Un bloc capable, tiré d’un plateau de frêne. Dégrossi à la scie et à la plane. Nous pouvons aussi utiliser des branches naturellement cintrées mais nous feront d’autres images là-dessus.
20140313_173158Nous alternons le dégrossissage à la plane et l’emmanchement du fer. Vous noterez les marques du fer sur le manche par ses traces de frottement. Le but étant de l’emmancher  avec le plus de justesse possible.
20140313_173647Dans l’œil de la hache.
20140313_185350Emmanchement terminé. Nous avons choisi pour cette hache un manche en frêne et déterminé selon nos choix la longueur, la forme et le déport de notre manche.
D’autres outils prochainement.

Le Méléze d’Europe, toujours droit ?

Tirant notre bois au plus proche de nos chantier, c’est tout naturellement que nous utilisons le Mélèze des Hautes-Alpes.
Sa réputation est elle qu’il nous arrive même d’en tailler et d’en livrer d’en d’autres départements.
Mais parlons un peu plus de ce Mélèze.
Avez vous déjà vu des Mélèzes tordus ? Tout tordus ? Dans nos peuplements forestier il y en a peu mais souvent nous rencontrons des individus au pied « croche », plus ou moins difforme.
C’est sous l’effet de reptation du manteau neigeux que le jeune Mélèze se déforme et trouve sa forme de crosse. Par glissement la neige couche les jeunes pousses et par nature ces jeunes pousses tentent toujours de retrouver leur verticalité. Mais pourquoi ne resteraient-ils pas un peu couchés ?
Les linguistes disent qu’« Arbre » et « mât » ont la même racine.
En effet, la verticalité et l’une des principales exigences dans la vie des arbres, au point que s’ils se trouvent contraints de l’abandonner – coup de vent, surcharge de la cime, glissement de terrain … ils font, pour se remettre droit, des tentatives que l’on dirait désespérées.
Fortification du fût Le bois de compression des gymnospermes (résineux) à gauche et le bois de tension des angiospermes, à droite, font partie de moyens mis en œuvre pour y parvenir. Vous avez sûrement déjà vus des arbres haubanés en montagne ! Maintenant vous saurez qui fait quoi …
Un point curieux et amusant est que, si l’arbre tient à sa verticalité, cela ne semble pas le gêner d’avoir « la tête en bas ». Prenez un jeune arbre et retournez le. Vos observerez sûrement que sur ses racines vont croître des rameaux feuillés et des racines sur les branches enterrées. Un renversement bout pour bout est une épreuve surmontable, ce qui compte c’est de rester vertical !
Mais parlons aussi de la croissance en hélice …Elle est si curieuse et si spectaculaire qu’il nous a semblé opportun de faire le point sur ce que nous savons, ou croyons savoir à ce sujet.
Voilà ce que nous pouvons apprendre de ce que dit Francis Hallé dans son plaidoyer pour l’arbre :
Il faut avant tout se garder des hypothèses fantaisistes sur les causes du phénomène : rotation de la terre, attraction de la lune, force de Coriolis ou effet subtil d’un réseau géomagnétique dont les arbres en hélice occuperait les nœuds …
La croissance en hélice a libéré les imaginations au point que ‘obscurantisme n’est parfois plus très loin. Cela suppose également de différencier les « feuillus » des « résineux » que nous savons déjà très différents dans les solutions qu’ils apportent aux problèmes de la vie.
A notre connaissance, aucun feuillu ne commence sa vie avec une croissance en hélice. Au contraire, dans un jeune arbre, les fibres du bois sont rectilignes et verticales, et dans la plupart des cas, la rectitude du fil se conserve dans l’arbre adulte et les feuillus « hélicoïdaux » ou spiralés restent minoritaires.
Cependant, d’après Francis Hallé, chez certaines espèces comme l’Amandier, le Frêne et le Cerisier quelques vieux sujets ont un tronc dont la croissance est hélicoïdale.
En observant un peu le phénomène on s’aperçoit qu’il n’est pas si fréquent et qu’avec la même probabilité les fibres tournent dans un sens ou dans un autre. Cela nous fait finalement penser que la cause de la rotation doit être du domaine de l’aléatoire. Mais qu’en disent les scientifiques ?
Première hypothèse : est-ce du au vent ?
Une branche plus longue que les autres : offrant au vent un bras de levier, elle initierait la croissance en hélice, laquelle serait donc d’origine purement mécanique. L’analogie avec une corde à deux torons est intéressante : une torsion « dans le bon sens » comprime les torons l’un contre l’autre et la corde devient plus dense ; au contraire, une torsion « dans le  mauvais sens » sépare les torons et la corde devient molle et moins résistante. Francis Hallé est réticent face à cette conception purement mécanique dans laquelle l’arbre deviendrait une sorte de tire-bouchon manipulé par le vent.
Une autre hypothèse : la circulation des fluides ?
Pour un autre botaniste, Kübbler, la croissance en hélice est liée à la nécessité, pour l’arbre, d’assurer une distribution équitable de l’eau entre toutes ses branches et des produits de la photosynthèse entre toutes ses racines. Tant que l’arbre est jeune, ses racines et ses branches formant un ensemble complet et équilibré, la distribution est efficacement assurée par la croissance rectiligne et verticale.
Si l’arbre devenu grand ne souffre d’aucun traumatisme la croissance rectiligne est maintenue ; mais à mesure que l’arbre vieillit la probabilité augmente pour qu’une grosse racine superficielle soit endommagée ou qu’une branche maîtresse se trouve affaiblie, puis tuée par la maladie ; dans ce cas la croissance rectiligne n’est plus en mesure d’assurer une distribution équitable des fluides et celle ci est alors rétablie par l’adoption de la croissance en hélice. En définitive, cela permettrait à un arbre vieillissant et amputé de pallier les aléas de l’existence.
Il est envisageable de combiner ces deux hypothèses, mais il faut également admettre qu’elles peuvent être aussi fausses l’une que l’autre. Le fait que certains arbres soit plus portés que d’autres à la croissance en hélice introduit dans le débat un élément génétique qui n’a pas encore été pris en compte.
En définitive, il est sans doute sage de reconnaître que nous n’avons aucune certitude concernant la croissance en hélice des « feuillus ».
Qui sait s’il ne s’agit pas d’une astuce pour échapper aux coupeurs de bois qui ont horreur des arbres spiralés ?
Mais il existe un généticien spécialisé dans le Mélèze : Luc E. Pâques. Voilà ce qu’il nous dit :
« Les mélèzes d’Europe ou du Japon appartiennent à la famille des Pinaceae, comme les Cèdres ou les Douglas, et ont la particularité de perdre leur feuillage en hiver. La croissance en hélice existe chez tous les Mélèzes depuis leur jeune âge. Elle ne semble pas être sous la dépendance de facteurs aléatoires puisque la majorité des arbres jeunes montent en hélice vers la gauche (hélice S). Au cours de la croissance du Mélèze la spiralisation montre une évolution typique :
halle meleze
l’hélice S de départ voit son angle avec la verticale s’accroître jusqu’à 10- 15 degrés tant que l’arbre est jeune et le bois juvénile est donc spiralé. Par la suite, la spiralisation diminue, puis s’inverse et, à partir de 20 à 30 ans, la plupart des arbres adultes montrent une hélice Z qu’ils vont garder jusqu’à la fin de leur vie. De toute évidence il ne s’agit pas d’une anomalie et encore moins d’une maladie, mais d’un mode de croissance particulier.
La composante génétique est ici majoritaire et reconnue depuis longtemps. L’importance économique du bois de mélèze et le manque à gagner qu’induit la croissance en hélice, les planches gauchissent au séchage et deviennent fragiles, ont justifié la mise en place de programme d’amélioration génétique : au Japon comme en Europe, on s’efforce de produire des Mélèzes qui ne tournent pas.
Au final nous ne savons toujours pas pourquoi les mélèzes tournent, mais au moins nous savons pourquoi ils se tordent et comment ils tournent … et cela nous aide bien dans la prévention de la déformation du débit et dans la compréhension du fil lors du travail du bois.